Agir en leader de sa vie

Définition :

La langue française utilise un mot très précis pour définir ce que j’appelle « agir en leader » qui est congruence. Lorsque l’on dit d’une personne qu’elle est congruente, cela signifie qu’il y a accord ou alignement entre ce qu’elle est et ce qu’elle montre, verbalement et non verbalement, d’elle-même. Cela signifie que la congruence ne peut se résumer à l’adoption d’une attitude. C’est un état de fait qui se vit et s’expérimente « de l’intérieur ». Pour être pleinement congruent et agir en leader, vous devez avoir pris conscience de qui vous êtes, d’avoir identifié quels sont vos besoins, vos valeurs et de construire votre vie de manière à respecter qui vous êtes tout en respectant votre entourage. Globalement, cela correspond au travail que vous avez réalisé à travers les 5 clés précédentes. L’objectif de cette sixième clé étant d’apporter les finitions à l’ensemble du travail réalisé.

Le leader ne parle pas, il agit. C’est par l’entremise de vos actions et de votre attitude que vous développerez votre leadership et que vous renforcerez votre estime personnelle. En vous engageant à prendre le contrôle de votre vie, vous développerez les attitudes suivantes :

  • Congruence
  • Ecoute active
  • Développement d’une relation gagnant-gagnant

La notion de congruence a déjà fait l’objet d’une définition ci-dessus. A ce stade, j’aimerais simplement vous indiquer que le fait d’être congruent ne survient pas d’un coup de baguette magique. Seul le temps et votre volonté d’agir en accord avec vos valeurs et vos besoins pourront y contribuer. De plus, j’ajouterais qu’il n’est pas judicieux de vouloir précipiter le mouvement. En effet, le fait de vivre conformément à qui nous sommes nous oblige à « tomber » le masque et à montrer notre vrai visage. Bien que cela soit, à terme, positif, il est recommandé de laisser le temps au temps et de consolider patiemment le niveau de confiance en soi et d’estime personnelle pour progressivement devenir de plus en plus congruent. La progression s’effectue en parallèle.

L’écoute active permet de construire une relation de communication avec les autres, ce qui assure un échange authentique et une possibilité de développement mutuel. En adoptant l’écoute active, vous donnerez la possibilité à votre correspondant d’approfondir sa pensée et de vous exprimer pleinement ce qu’il ressent tant au niveau de ses besoins que de ses émotions. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le constater par l’entremise d’une des clés précédentes, les émotions sont des indicateurs très importants qui nous font souvent peur. Que ce soit nos propres émotions ou celles exprimées par autrui, nous cherchons le plus souvent à les éviter. N’avez-vous jamais utilisé ces types de réponse lorsque la personne avec qui vous parlez partage une de ses émotions ?

  • Tu ne devrais pas être découragé par ce qui arrive.
  • Si tu n’es pas capable de dire quelque chose de positif, alors ne dit rien.
  • Ne t’inquiète pas, ça ira mieux demain.
  • Il n’y aucune raison d’avoir peur
  • Serre les dents
  • Mets ton orgueil dans ta poche
  • Calme-toi, s’il-te-plaît
  • etc.

Dans les relations de travail, cette aversion des sentiments est même parfois érigée en dogme. C’est comme si le monde du travail ne devait être qu’un univers de non-dit et de superficialité. Malheureusement, ces tendances et attitudes sont sources de problèmes psychologiques de plus en plus courants dans l’univers professionnel. Le sentiment joue généralement le rôle d’indicateur pertinent. La peur ou l’inquiétude ne survient pas par hasard mais sont la manifestation d’un problème de fond.

L’objectif de l’écoute active est de recevoir avec empathie et bienveillance l’émotion transmise et de permettre, par un questionnement et/ou une reformulation, à la personne de découvrir, par elle-même, les raisons de ce sentiment. Comme le souligne très bien Thomas D’Ansembourg, auteur de « Cessez d’être gentil, soyez vrai », « dans le chemin vers l’autre, je ne peux faire l’économie du chemin vers moi ». Pour ma part, je trouve que cette phrase résume bien la puissance de l’écoute active puisqu’elle s’applique autant dans la relation avec soi que dans la relation avec les autres. En prenant l’habitude de recevoir et d’écouter pleinement vos émotions et en vous questionnant de manière à découvrir les raisons de ces émotions, vous prendrez soin de vous-même.

Pour développer une écoute active, prenez garde aux comportements suivants :

  • Etre actif dans l’échange. Se concentrer sur ce que dit l’interlocuteur
  • Etablir un contact visuel avec la personne (se regarder)
  • Ecouter pleinement. Ne pas parler soi-même ou préparer la réponse à l’avance
  • Chercher à comprendre sans risque d’ambiguïté le message transmis.

Un des éléments essentiels de l’écoute active réside dans la recherche constante à comprendre complètement et totalement le discours de la personne. Pour ce faire, il faut lever tout risque d’ambiguïté et inciter la personne à aller au bout de sa pensée. Deux techniques sont généralement utilisées :

  1. Questionnement
  2. Reformulation

Le questionnement doit privilégier des questions ouvertes permettant à l’interlocuteur d’approfondir sa réflexion. Par opposition aux questions fermées qui limitent généralement le champ de réponses à deux alternatives possibles : oui ou non. Il est important que votre questionnement soit le plus neutre possible et que la question n’intègre pas, dans son contenu, des éléments incitatifs d’une réponse préférée ou attendue. Dans la section réservée aux exemples, vous retrouverez des exemples de questions. Certaines permettent réellement à la personne écoutée d’approfondir sa réflexion alors que d’autres ouvrent un champ nettement plus restreint.

La reformulation consiste à reprendre le coeur du message transmis par l’interlocuteur et à le lui répéter en utilisant nos propres mots et nos propres phrases. L’objectif de la reformulation est double :

  1. Vérifier que le message que nous avons compris correspond effectivement à celui formulé par notre interlocuteu

Il permet de dissiper les risques de malentendu.

  1. Inciter l’interlocuteur à poursuivre sa réflexion et à continuer son discours. En démontrant à l’autre, par la reformulation, que nous sommes pleinement à son écoute, celui-ci sera naturellement conditionné à poursuivre son discours.

Dans la section réservée aux exemples, vous retrouverez quelques exemples de reformulations. Certaines sont tout à fait adéquates alors que d’autres ne permettent pas d’atteindre l’objectif visé par cette technique d’écoute active.

En décidant de faire des sentiments vos amis et d’adopter l’écoute active comme base de communication avec votre entourage (personnel et professionnel), vous développerez des relations qui feront de vous un être apprécié et source d’inspiration.

Pour développer une relation gagnant-gagnant, il est nécessaire de connaître ses propres besoins et d’identifier sans ambiguïté les besoins de l’autre. La découverte des besoins de l’autre s’en trouvera grandement simplifiée en appliquant les techniques de l’écoute active présentées ci-dessus.

Une fois les besoins respectifs identifiés, le travail consiste à passer en revue les alternatives possibles de manière à ce que chacun y trouve son compte tout en acceptant certaines concessions. Sans en être toujours vraiment conscient, cette technique est fréquemment utilisée dans les relations de couples ou les relations parent/enfant.

Le processus de fonctionnement de cette méthode pourrait être résumé selon les étapes ci-dessous :

  1. Identifier et définir le problème
  2. Enumérer les solutions possibles
  3. Evaluer ces solutions
  4. Prendre une décision
  5. Appliquer la décision
  6. Evaluer les résultats par la suite

La sixième étape assure un apprentissage constant. Grâce à cette dernière évaluation, il deviendra possible d’établir des relations gagnant-gagnant toujours plus bénéfiques pour chacune des parties.

Exemples :

Exemples de questions :

  • Quelles sont les alternatives possibles ? (bonne question ouverte incitant à la réflexion)
  • En quoi est-ce que cet objectif est important ? (bonne question ouverte)
  • Comment fais-tu pour être aussi agressif ? (malgré la question ouverte, il y a un jugement)
  • Qui envisages-tu pour le poste ? Paul ou Pierre ? (question fictive de choix)

Pour les exemples de reformulation présentés ci-dessous, le collègue exprime toujours un point de vue personnel traduisant un sentiment spécifique. Deux exemples de reformulation, une bonne et une moins bonne, sont à chaque fois proposés.

  1. Le collègue : Ca suffit ! je ne veux plus entendre de reproches sur le travail que nous avons réalisé.
    1. Le leader : Allons, Paul, accepte cela comme un soutien à votre amélioration constante (le leader fait la morale).
  1. Le leader : J’ai le sentiment que tu te sens dans le rôle de l’accusé (écoute active).
  1. Le collègue : Je ne me sens pas prêt pour cette présentation
    1. Le leader : connaissant tes capacités, je t’en sais capable. Encourage-toi ! (tente d’encourager ou de ressurer).
  1. Le leader : Tu as peur d’être pris au dépourvu par une question non prévue (écoute active)

Les livres consacrés à la CNV (Communication Non Violente), dont voici les liens, contiennent de nombreux exemples d’écoute active.

  • Les mots sont des fenêtres, initiation à la communication non violente par Marshall Rosenberg
  • Cessez d’être gentil, soyez vrai par Thomas d’Ansembourg

Exercices :

Votre vie quotidienne constitue votre meilleure source d’exercices pour entraîner votre capacité à agir en leader. Utilisez les nombreux échanges que vous avez quotidiennement avec diverses personnes pour entraîner votre écoute active et votre congruence.

Expérimentez la puissance du sentiment que procure le fait de prendre en main sa vie et de chercher à établir des relations de qualité avec son entourage. Le plaisir qui en découlera sera la meilleure source de motivation pour vous inciter à progresser sans cesse.

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