L’inefficience Mentale, Ses Causes

L’inefficience mentale se manifeste dans la vie sous toutes formes, les unes temporaires et superficielles, les autres plus graves: toutes sont guérissables si d’une part on en supprime les causes, si d’autre part on soumet son esprit à un traitement approprié.

Les Tares Héréditaires peuvent être Compensées.

  1. Quels que soient les désavantages dont un homme ait à souffrir de par son hérédité, il peut être sûr que ses succès futurs dépendent surtout de lui-même. Certes, il est bon d’être issu d’une famille saine; mais n’oubliez pas que les influences ancestrales qui agissent sur vous sont extrêmement nombreuses et complexes, et qu’aucune fatalité ne vous astreint à « hériter » plutôt de tel ancêtre que de beaucoup d’autres. Ne soyez pas obsédé par l’idée de l’hérédité fâcheuse que peut-être vous avez dans votre lignée. Soyez vous-même, par votre activité propre. Faites-vous personnel et autonome, par votre décision à vous. Regardez-y à deux fois avant d’imputer à vos parents la responsabilité de défauts que vous avez peut-être acquis ou renforcés. Et même s’il y a des présomptions que vous deviez à vos ascendants votre faiblesse de mémoire, ou telle autre imperfection intellectuelle, ayez à coeur, vous, d’y parer par une saine discipline qui vous permettra de transmettre à vos enfants le cas échéant, une hérédité meilleure.

Les Méthodes Scolaires sont Défectueuses.

  1. Malgré les efforts de la pédagogie moderne, l’école elle-même est une cause importante d’inefficience mentale. La recherche de résultats rapidement obtenus, l’accumulation de connaissances disparates dans le seul but de s’en souvenir le jours de l’examen, la séparation plus ou moins artificielle de la vie scolaire et de la vie familiale et sociale, l’enseignement des faits et non pas des méthodes de travail, sont autant d’inconvénients qui atrophient chez la jeunesse les facultés intellectuelles. A tous ses degrés, l’enseignement donne des connaissances, mais ne développe pas systématiquement les aptitudes.

Insuffisantes au point de vue intellectuel, les méthodes scolaires le sont peut-être encore davantage quant à l’éducation de la sensibilité et de la volonté. Chez les jeunes gens, c’est à peine si elles éveillent le sentiment esthétique. Et combien peu elles cultivent en eux les indispensables qualités d’énergie, de décision, d’initiative dont ils auront plus tard si grand besoin!

Comme elles ne développent pas nos diverses facultés, a fortiori n’opèrent-elles pas le développement harmonieux de l’esprit. Elles ne préparent donc pas directement à la vie active.

Le Pelmanisme a pour but de remédier à ce défaut fondamental: aux jeunes garçons et aux jeunes filles il apprend à considérer du point de vue de l’adulte, non de l’enfant, le cycle de leurs études; il enseigne à grouper les faits autrement que d’après leurs formes extérieures, à en préparer des examens non seulement en vue d’un diplôme, mais de manière que les connaissances acquises puissent être utilisées plus tard dans les diverses circonstances.

Bref, le Pelmanisme est le Fil d’Ariane qui permet de se guider dans l’obscur et complexe Labyrinthe des faits et dans la lutte pour la vie.

L’Absence de Discipline Intellectuelle après la Scolarité est Néfaste.

  1. Malgré ses imperfections, l’enseignement public, à tous ses degrés, confère un certain maniement des mots et des idées. De plus, l’autorité du maître impose certaines habitudes d’attention; la crainte des punitions et la nécessité de passer des examens développent la mémoire.

L’important, pour réussir dans la vie, est de conserver et d’augmenter le bénéfice de l’entraînement scolaire. Or, le plus souvent, quand les années d’école sont finies, l’adolescent cesse cet entraînement; de sorte que l’absence discipline devient l’une des principales causes de l’inefficience mentale.

Hors des heures consacrées aux occupations quotidiennes, les jeunes adultes n’ont personne pour guider et organiser leurs efforts; la lecture même, telle qu’ils la pratiquent, satisfait la curiosité sans cultiver méthodiquement l’intelligence. L’âge adulte est trop souvent celui où l’on ne veut plus recevoir aucune leçon, non seulement d’autrui, mais même des faits, de l’expérience. Aucun préjugé ne fait plus de mal à l’humanité. Faut-il s’étonner, après cela, que bien des hommes et des femmes de 25 ans se trouvent incapables de concentrer leur pensée? Ils ont renoncé à la discipline mentale que l’école leur avait inculquée, et ont contracté de mauvaises habitudes intellectuelles.

Le Pelmanisme, au contraire, professe que l’éducation doit durer autant que la vie; qu’il faut chercher partout des occasions de s’instruire; et, plus encore, qu’à tout âge une discipline nécessaire, comme est nécessaire une hygiène corporelle. L’absence de règles, prise à tort pour une émancipation, n’est que dissipation et ne produit qu’impuissance. Seuls vont loin les hommes qui s’imposent une discipline volontaire alors qu’ils n’ont plus l’âge d’en subir une, soit du maitre d’école, soit de l’autorité militaire. Pensez-y.

Les Maladies, Entraves au Progrès.

  1. Les maladies, et particulièrement celles d’origine nerveuse, peuvent dans certains cas être une cause d’inefficience mentale. Ce sont surtout l’attention et la mémoire qui risquent d’être atteintes. Il sera

bon, dans ce cas, de suivre un traitement à la fois mental et physique, en agissant avec prudence, sans précipitation et sans se livrer au découragement. Il ne faut pas se laisser impressionner par des suggestions négatives, telles que: « Ma mémoire ne s’améliorera jamais! ». Il ne faut pas non plus négliger le corps. Découragement moral et négligence physique sont également préjudiciables aux facultés intellectuelles.

Soyez donc d’abord fermement résolu à vous maintenir en bonne santé: n’oubliez pas que l’hygiène, le régime, la constance dans les soins physiques requièrent un esprit maître de soi, réfléchi et persévérant; sachez qu’il n’y a pas de limite à l’influence salutaire qu’exerce sur le physique un moral excellent. Rééduquez ensuite scientifiquement les fonctions défectueuses, en évitant la fatigue, car tout surmenage compromettrait le succès.

L’Age est rarement un Obstacle.

  1. Suis-je trop vieux? -Voilà une question que nous pose, après se l’être posée à lui-même, plus d’un lecteur ayant dépassé la cinquantaine.

La limite d’âge de l’efficience mentale varie avec les individus. Si un homme a négligé, pendant une ou plusieurs dizaines d’années, de cultiver son intelligence, il lui faudra, évidemment, assez longtemps pour remédier aux défauts dont il souffre; mais il pourra du moins empêcher son esprit d’aller plus longtemps à la dérive; il est même possible qu’il recouvre une grande partie de ce qu’il avait perdu et c’est là un résultat que tout homme consciencieux devrait se procurer.

Si, d’autre part, un homme de plus de cinquante ans a conservé une intelligence active, il set fondé à croire qu’il peut encore l’améliorer. Les recherches, sur ce point, ont permis de constater que nombre d’hommes célèbres n’ont produit leurs meilleures oeuvres qu’après la cinquantaine. N’est-ce pas vers cet âge que Pasteur se lança dans la machine expérimentale? Les principaux travaux de Fabre, le célèbre entomologiste, ne datent-ils pas de sa mise à la retraite?

Une dame déclara un jour à Emile Boutroux « qu’elle ne croyait pas à l’âge »; et l’illustre philosophe, écrivant à ce sujet à l’Institut Pelman, assure que, sans nul doute, on attache à l’âge une importance excessive en s’attendant à voir baisser les facultés intellectuelles vers 55, 60 ou 70 ans.

L’expérience démontre, au contraire, que, si l’on cultive son esprit, le nombre des années a beaucoup moins d’influence qu’on ne se l’imagine.

Moins souple que le jeune homme, l’homme d’âge est à certains égards, plus apte à profiter de notre méthode, car il est moins exposé aux entraînements; l’expérience n’est plus un vain mot pour quelqu’un d’assagi par la vie.

Si réellement vos facultés « se rouillent » au seuil de la vieillesse, c’est plus que jamais le moment de les « dérouiller » par un exercice méthodique. L’esprit, comme le corps, s’entretienne dispos et alerte par une gymnastique appropriée. C’est un mérite essentiel du Pelmanisme, que de faire bénéficier les jeunes de l’expérience des vieux, les vieux de l’ardeur et de la souplesse des jeunes.

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